PORTRAITS DE CONFINEMENT : Fanny

Fanny, femme de theatre

Fanny Dulin

La culture, un secteur durement touche par la crise du COVID

Le théâtre a été l’un des premiers secteurs à devoir fermer ses portes au public à cause de la pandémie de coronavirus, et sera parmi les derniers au réouvrir. Tous les ans, ma compagnie de théâtre, « Exchange Theatre », organise un festival en juin ou juillet avec un pièce en guise de tête d’affiche. Quand tout a commencé, nous sommes restés mobilisés pour un retour éventuel avant l’été, mais par la suite la prolongation du confinement a été très éprouvante. Pour une production bien préparée, il faut au moins 4 mois. Il était donc impossible de préparer un spectacle pour l’été.

Adaptabilité et imagination

Ma compagnie propose aussi des cours de théâtre pour les enfants et les plus grands. Ce qu’on fait d’habitude est un festival, mais cette année ce n’était pas possible. En revanche nous avons continué les cours en ligne par Zoom. Nous avons été réticents au départ, car la représentation théâtrale ne se prête pas bien au virtuel, et ne colle surtout pas au nom de la compagnie (« Exchange » !).

Mais finalement, les élèves ont été très satisfaits et en Avril nous avions perdu très peu de gens. Nous avons aussi continué à essayer de travailler ces pièces en vidéoconférences. Nous avons enregistré les cours et suivant les groupes – qui avaient tous des projets différents – avons réussi à produire des vidéos pour une web-séries impliquant tous les élèves.

Pas idéal, mais les élèves étaient heureux d’avoir pu continuer, même en virtuel. Cela a aidé beaucoup de familles à supporter le confinement en maintenant un semblant de normalité et du contact humain avec le groupe d’élèves.

Un petit coup de pouce

Nous avons eu de la chance car nous n’avions pas encore payé la location du théâtre lorsque le confinement a été mis en place. Nous avons réussi à anticiper la crise et dans notre malheur on a eu plus de temps pour trouver ce que nous voulions faire.

De plus, l’établissement public « Arts Council » nous a accordé une subvention, qui nous a permis de rester à flot. Nous avions aussi des accords avec les écoles FLAM pour créer des pièces pour enfants, et grâce à la subvention nous avons pu rémunérer les acteurs qui devaient jouer dans les spectacles.

De l’inquiétude pour l’avenir

Donc, la compagnie a pu continuer les cours, mais en ce qui concerne la production de pièces c’est le flou total. Ce qui nous a beaucoup impacté financièrement c’est que notre studio de répétition n’a pas pu être loué ce qui constitue un gros manque à gagner.

Boris Johnson a dit que les théâtres pouvaient réouvrir mais pas en performance live, ce qui est très restrictif. Ce qui est en plein air pourra avoir lieu, mais si on ouvre demain, on ne peut pas dire : « d’accord on vient et on joue ! » Il faut au moins 4 mois pour créer une pièce, et il en va de même pour les grosses structures du West End dont plusieurs ont déjà annonce ne pas réouvrir avant l’année prochaine.

L’aide d’état annoncée par le ministre de la culture est la bienvenue, quoique floue sur la nature précise des dispositifs envisages, mais de toute façon il nous faut du temps. Beaucoup de gens se tournent vers le digital, avec des films, etc. On ne sait pas si les cours pourront recommencer en septembre.

Beaucoup de choses ont été diffusées en ligne et gratuitement pendant le confinement ce qui est génial, la culture a été très accessible pendant plusieurs mois. Mais comment rebondir après ça ? Comment remotiver les gens à sortir lorsque le virus sera sous contrôle ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *