Portrait de confinement : Anais

Anais, étudiante

Anais Itani

En tant qu’étudiante du double diplôme de Droit anglais/droit français de King’s College London, tous mes amis sont internationaux. Dès le 13 mars, toutes mes nouvelles connaissances de France, d’Espagne, d’Inde, de Corée du Sud, des îles Cayman, et bien plus, ont quitté la ville du jour au lendemain.

Le passage au confinement fut donc abrupt et inattendu : le jeudi 12 mars, je planifiais une visite au Tate avec des amis et le samedi 14 mars, la majorité d’entre eux était dans l’avion ou se hâtant pour faire leurs valises.

Ce fut étrange de revenir chez mes parents après 8 mois de vie indépendante en résidence universitaire, et de convertir ma chambre en espace de travail qui m’était propice – tellement habituée à travailler à la magnifique Maughan Library de King’s, il m’a fallu un temps d’adaptation ! J’ai vite créé un espace de travail cependant, en séparant nettement ce dernier de mon endroit de « repos » où je faisais de la musique, regardais des documentaires et téléphonais mes amis (je suis par ailleurs incroyablement reconnaissante du luxe de pouvoir avoir mon espace).

Ma priorité dès le début du confinement a été d’établir une routine, de cadrer mon temps pour rester productive et dynamique tout en accordant des plages de repos et d’exploration personnelle. Je me levais naturellement très tôt tous les matins, et je faisais du yoga ou une marche. Ma journée de travail commençait ensuite : j’avais 5 dissertations à rendre en avril et 4 examens en mai, alors mes journées étaient chargées. En ayant des postes de responsabilité dans des associations universitaires, j’ai aussi dû gérer cela !

Tout de même, j’ai pris du temps pour explorer d’autres intérêts. J’ai commencé à apprendre l’arabe en ligne en faisant une demi-heure chaque matin. J’ai aussi commencé à écrire des reportages pour un blog de droit nommé LittleLaw, ainsi que cofonder une organisation nommée Simply Human pour renforcer la sensibilisation des droits de la femme et des personnes LGBTQ.

De plus, la période du confinement a été l’occasion pour approfondir mes aspirations professionnelles en droit commercial : j’ai assisté à de nombreux vidéo-conférences, ateliers de compétences, stages virtuels. J’ai lu, et regardé de nombreux documentaires (avec une affinité particulière pour Arte !) et films avec ma famille, ce qui fut formidable pour profiter d’eux.

Musicienne, j’ai aussi continué à jouer de la guitare et du violon alto (même si très malheureusement, ma tournée avec le KCL Symphonic Orchestra a été annulé).

La sortie du confinement a été une réelle bénédiction : j’ai toujours été très active, constamment dehors à travailler dans des cafés, sortir avec des amis, visiter des musées.
Cette période étrange mais rafraichissante où le temps a semblé à la fois en suspension et en accéléré m’a donné l’opportunité de m’occuper de moi, de me nourrir intellectuellement, et de méditer et conduire une réflexion plus approfondie sur moi-même et le monde dans lequel nous avançons. J’en sors reconnaissante pour mes proches et le privilège que j’ai eu de rester saine et sauve, mais tout de même attristée pour ceux qui ont souffert pendant cette pandémie et concernée pour la suite du cours de l’humanité.

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